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Interview du sculpteur Papercraft : Éric Thépaut – Par Dr Raquel Tesone

TRADUCTION ESPAGNOL:https://revistaelinconsciente.com/2020/09/02/reportaje-al-escultor-de-papercraft-eric-thepaut/

Eric François Thépaut est un artiste d’origine Française qui s’est installé en Argentine en 2007 pour vivre de son art. Il a choisi le pays où il voulait vivre et sa carrière artistique l’a amené à devenir sculpteur Papercraft. Eric a un portfolio sur Instagram: @ecogamishop où vous pourrez apprécier les photos de ses sculptures en papier de différents animaux mais aussi des objets de décoration divers toujours en papier.
D’une grande créativité, ce sont des pièces uniques et personnalisées.


Eric, parle-moi de toi, s’il te plait. Dans ton enfance, aimais-tu faire des sculptures ?
Dans mon enfance, j’aimais déjà les activités créatives. J’aimais les sculptures, mais à l’époque, j’étais passionné par le dessin. A 11 ans, dans mon collège en France, on pouvait choisir entre les arts plastiques ou la musique. J’ai choisi les arts plastiques et c’est rapidement devenu ma matière préférée.
Depuis que je suis petit, j’aime la nature et les animaux. Ma mère m’achetait le magazine « Nature » que je lisais toujours dans son intégralité. J’avoue qu’à l’époque, je ne comprenais pas toujours les articles les plus scientifiques, mais ses belles images d’animaux me fascinaient.

Qu’est-ce qui te fascinait chez les animaux ?
Il est difficile de répondre à cette question. J’ai toujours été fasciné par les animaux. Je pense que les animaux sont beaux, simples. Ils font partie intégrante de notre monde, maltraités, utilisés par l’homme pour se nourrir ou à des fins récréatives. Ils sont vulnérables, négligés et ne sont pas valorisés à leur juste valeur.

Y a-t-il un animal avec qui tu t’identifies le plus ?
J’aime tous les animaux, ils sont tous beaux : les mammifères, les animaux aquatiques, mais aussi les reptiles et insectes ont leur grâce et leur beauté. Je m’identifie davantage au chien. Ce n’est pas un hasard si jusqu’à présent l’animal que j’ai le plus représenté est le chien. C’est l’animal le plus proche de l’homme, le plus fidèle malgré les mauvais traitements qu’on lui inflige parfois.

Comment as-tu appris cet art ?
Mon apprentissage aura été autodidacte. J’ai commencé en tant que client en achetant des patrons sur le net. J’ai adoré la phase d’assemblage. Tranquille à la maison, avec ma musique préférée, le découpage, pliage et assemblage sont vite devenus une source de détente, un passe-temps divertissant.
Au fil du temps, les sculptures se sont enchainées, chacune apportant sa dose de divertissement et de satisfaction finale, la satisfaction d’avoir réalisé quelque chose avec ses propres mains.

Quand ton désir d’apprendre cet art s’est-il réveillé ?
Je surfais sur Internet, tout d’un coup, j’ai vu la photo d’un trophée d’animal. Fasciné, j’ai d’abord cherché à savoir si je pouvais le faire moi-même et j’ai trouvé un site spécialisé avec plusieurs modèles, et là j’ai acheté la tête d’un éléphant. Après avoir construit une douzaine de sculptures, je me suis demandé si je pouvais créer mes propres sculptures en papier. J’ai cherché sur Internet, et même si cela semblait complexes, j’étais motivé ! Alors j’ai persévéré. Après m’être familiarisé avec plusieurs programmes de conception 3D, j’ai appris à transformer un objet tridimensionnel en un patron bidimensionnel… Ecogami est né quelques mois plus tard avec la création de mon propre site http://www.ecogamishop.com

Qu’as-tu associé à ce nom Ecogami ?
« Eco » vient d’« écologie » et « Gami » vient du mot « origami » qui est un autre art du papier. J’ai aimé le mot dans son ensemble, « Ecogami », alors je l’ai adopté !

Pourquoi es-tu attiré par les sculptures d’animaux ?
Bien que je vive en ville aujourd’hui, mes racines sont à la campagne. C’est pourquoi la plupart de mes créations représentent des animaux. Je suis préoccupé par les problèmes environnementaux actuels, comme le changement climatique et le déclin de la biodiversité. Représenter les animaux est une sorte d’hommage. C’est aussi une problématique universelle qui préoccupe beaucoup de gens.

Rendre hommage aux animaux avec ton art est original. Il est fréquent à la campagne de tuer et de voir la mort des animaux comme une chose naturelle.
Oui. Mes grands-parents avaient des trophées de cerfs dans leur salon. Quand je les regardais, ils m’impressionnaient et m’attristaient à la fois. Aujourd’hui, de nombreuses années plus tard, je suis fier d’offrir un substitut à ces trophées sans qu’aucun animal ne soit tué.

Enfant et vivant à la campagne, en plus avec un père chasseur, il est très fréquent de voir la mort des animaux. Cela m’a marqué d’une certaine façon. C’est pourquoi j’oriente mon inspiration, ma
motivation artistique surtout vers eux.

Quelles sont les différences entre l’origami et le papercraft?
L’origami et le papercraft ont des points communs, ce sont tous deux des arts du papier. D’ailleurs le papercraft est parfois nommé « Origami 3D » ce qui peut prêter à confusion. Ce sont tout de même deux choses bien distinctes. L’origami, c’est l’art de plier le papier afin de former une sculpture. Le papercraft c’est comme un puzzle mais en trois dimensions. Le papier est cartonné (plus épais que le papier origami), et, la technique implique du découpage, pliage et collage. Les patrons papercraft ont tous des pièces à découper (aux ciseaux ou avec une machine spéciale découpage), chaque pièce a des languettes, des numéros et des lignes de pliages. Il y a deux sortes de pliages (montagne et vallée). Les numéros vont par paire. Il suffit donc de coller les numéros entre eux (grâce aux languettes) et de suivre l’ordre du patron.

Comment assembles-tu?
Il y a deux techniques d’assemblage : avec les numéros à l’extérieur de la sculpture ou bien avec les numéros à l’intérieur de la sculpture. La deuxième technique est un peu plus difficile mais elle offre la possibilité d’utiliser du papier de couleur. J’utilise la première (la technique des numéros apparents) car une fois l’assemblage terminé, je peins mes sculptures. La peinture permet notamment de consolider la sculpture.  Pour moi un des plus de cette activité, c’est justement la personnalisation finale. Les options de « customisation » sont infinies et laissent donc place à l’imagination. J’aime beaucoup voir les réalisations de ceux qui assemblent nos modèles car c’est à chaque fois une surprise.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?
J’ai de nombreuses sources d’inspirations. D’abord et comme cité précédemment, il y a les animaux mais pas seulement. Je m’inspire également avec des objets déco que j’ai chez moi ou que je trouve en flânant sur Pinterest.

Combien de temps te faut-il pour monter une sculpture?
Cela dépend beaucoup du modèle en question et de la personne qui assemblera la sculpture. Ces sculptures sont dites « Low Poly » qu’on pourrait traduire par « sculptures à facettes ». Certaines sculptures sont plus réalistes et ont plus de facettes que d’autres, elles auront par conséquent plus de pièces à découper et nécessiteront plus de temps. La taille de la sculpture aussi influe. Un grand trophée de caribou par exemple aura automatiquement plus de pages et sera plus long à assembler (compter une quinzaine d’heure minimum) tandis qu’un petit modèle comme la tête de chihuahua sera plus rapide (cinq ou six heures).

Considères-tu cet art comme un activité thérapeutique?
Le papercraft est une activité manuelle, certains disent que c’est une activité thérapeutique, relaxante dont on devient vite « accro ». Elle a certes un objectif final (qui est de réaliser un objet en particulier), mais, pour moi, le processus d’assemblage est aussi un plaisir en soi et c’est pourquoi je ne compte pas les heures. 

Offres-tu des modèles en kits, c’est-à-dire déjà imprimé?
Pour le moment, je ne propose que des patrons à imprimer. Mes clients achètent et téléchargent un fichier PDF (patron). Ensuite, ils peuvent l’imprimer chez eux ou bien chez l’imprimeur le plus proche de chez eux.
L’idée de commercialiser des kits (patrons déjà imprimés voir même prédécoupés) m’a déjà été abordée plusieurs fois. C’est certes une idée intéressante mais qui demande un effort de logistique (envoie de kit par courrier…). Je préfère donc pour le moment me concentrer sur la conception de modèle sans pour autant mettre de côté définitivement l’idée de kits.

Quelle qualité et grammage de papier recommandes-tu?
Le papier doit être cartonné, je recommande un grammage entre 200 & 300 GSM. Moi, j’utilise un papier de 260 GSM qui convient parfaitement pour ce type de création. Pour un grand modèle, je recommanderai plutôt un grammage d’au moins 240 GSM. Pour un petit modèle, un grammage plus fin peut convenir. J’ai vu des sculptures assemblées avec du papier de 160 GSM avec un résultat très correct. En revanche, du papier standard de bureau (75 / 80 GSM) ne conviendra pas car il gondolera. En termes de texture, j’utilise un papier lisse (couché) avec une légère brillance. Le papier photo ne conviendra pas car la colle n’adhérera pas. Il est également possible d’utiliser du papier de couleur, voir du papier à motif, l’essentiel étant qu’il soit épais.  Pour ceux qui s’intéressent à de telles sculptures, dites-nous quelle serait la chose la plus difficile à apprendre. Pour moi, l’assemblage n’est pas la phase la plus compliquée. C’est la personnalisation qui est pour moi plus longue. Par exemple, une fois une sculpture terminée, c’est à vous de décider comment la décorer. Certains utiliseront du papier de couleur, l’assemblage sera donc la phase finale. D’autres pourront la peindre d’une seule couleur ou utiliser une peinture en spray (rien qu’ici il y a de nombreuses options : spray effet pierre, spray métallisée…). Ou encore, comme ce que j’ai fait pour plusieurs modèles, vous pourrez peindre ou coloriez chaque facette d’une couleur différente. Il y a ici plusieurs techniques avec plusieurs qualités de rendue. La plus simple sera de colorier chaque facette avec des crayons feutres. Sinon peindre la sculpture en blanc puis colorier chaque facette avec des marqueurs de couleur. Ou encore peindre chaque facette avec des peintures de couleur différentes. Chaque technique de personnalisation offre un rendu différent mais l’objectif est le même : avoir un objet unique.

Qu’est-ce que les gens demandent le plus?
L’hippocampe a beaucoup de succès. Je pense que c’est en partie dû au fait qu’il soit en deux parties et qu’il donne l’impression d’émerger de l’eau ou de sortir du mur. C’est aussi parce que c’est un animal mystérieux et majestueux. Le chat sur la branche a beaucoup de succès aussi tout comme les chiens (schnauzer, bouledogue français, carlin, caniche, boxer…). Je reçois beaucoup de demandes de gens qui veulent leur chien en papercraft ! Sinon les classiques plaisent aussi : le trophée de cerf d’abord mais aussi l’éléphant, le rhino, le caribou, la licorne. 

À partir de quel âge pouvons-nous faire ces sculptures? Quel est l’animal le plus simple?
Par principe, je ne recommande pas le papercraft à des enfants de moins de 12 ans cela dit j’ai eu une surprise une fois lorsqu’une cliente m’a envoyé une photo d’un modèle difficile (un abat-jour) assemblé par son fils de 9 ans. Chaque modèle vient avec des instructions étape par étape conçues pour être les plus intuitives possibles. Je pense qu’il est important de bien lire ces instructions pour éviter des erreurs. Le papercraft demande de la patience et de la précision. Pour ce qui est des enfants, je recommande aux parents de jeter un œil de temps en temps voir de démarrer l’assemblage avec leur enfant. Le trophée d’éléphant est simple à assembler, le kangourou aussi.

Quels sont les projets d’Ecogami?
Mon objectif est d’offrir une grande variété de modèles. Je reçois régulièrement des demandes de modèles que je n’ai pas créés mais malheureusement, je ne peux pas satisfaire toutes ces demandes. Je souhaite aussi faire connaître cette activité au plus grand nombre de gens possible. C’est une activité amusante, créative et auto-gratifiante. J’offre des patrons gratuits justement pour que les gens puissent découvrir le papercraft.

Merci beaucoup, Eric pour cette interview qui va sûrement susciter le désir d’en savoir plus et de découvrir, synonyme de créativité & de passion.

Un pensamiento en “Interview du sculpteur Papercraft : Éric Thépaut – Par Dr Raquel Tesone

  1. Pingback: REPORTAJE AL ESCULTOR DE PAPERCRAFT: ÉRIC THÉPAUT – Por Dra. Raquel Tesone | Revista El Inconsciente

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